Parc national des Calanques
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Contrôle des populations de sangliers

Sangliers en quête de nourriture aux abords du Parc national © PNCal

Partie intégrante de l’écosystème méditerranéen, le sanglier a toute sa place sur le territoire du Parc national des Calanques. Il s’agit cependant d’une espèce dont les niveaux de population méritent d’être suivis et contrôlés, notamment en raison de problématiques concernant la sécurité des biens et des personnes aux abords du Parc national.

Des populations très dynamiques

Le sanglier est une espèce prolifique dont la femelle peut avoir 2 à 3 portées par an, avec une moyenne de 6 petits par portée. Dans le Parc national des Calanques, le sanglier ne connait pas de prédateur naturel. Il s’agit entre autre d’un animal très intelligent, capable d’identifier des zones refuges qui le mettent à l’abri des chasseurs. Ces quelques caractéristiques générales expliquent la forte dynamique des populations observée sur certains secteurs à forte densité de végétation du territoire des Calanques et ailleurs en France.

Ailleurs, des situations plus problématiques encore

Si les populations de sangliers dans les Calanques peuvent être ponctuellement importantes et soulèvent des enjeux réels, la situation est autrement plus préoccupante sur des territoires voisins situés dans les départements des Bouches-du-Rhône et du Gard où les populations de sangliers prolifèrent dans des milieux très denses. Ces expériences appellent les acteurs du Parc national des Calanques à se saisir du dossier avec le plus haut degré de responsabilité. 

Vivre avec les sangliers dans les Calanques et leurs abords

Le sanglier s’accommode facilement des milieux anthropiques. Les poubelles, les pelouses arrosées, les pièces d’eau, les réseaux d’arrosage et les zones cultivées constituent la garantie d’une nourriture et d’une alimentation en eau facile, particulièrement attractive lors des épisodes de sécheresse qui sévissent dans les Calanques.

Rencontrer un sanglier aux abords du Parc national n’est donc pas anormal. Des situations problématiques peuvent émerger quand l’attrait exercé par des espaces péri-urbains est tel que des individus s’installent de manière durable en ville. Ceci est notamment le cas au Parc Pastré à Marseille ou dans certaines copropriétés limitrophes du Parc national.

La cohabitation des humains et des sangliers sur un même territoire peut poser des problèmes de sécurité : accidents de la route, atteintes physiques par charge ou morsures. Les dégâts matériels constituent un autre défi : les vignobles de Cassis, le stade de Luminy ou les pelouses de certains particuliers sont régulièrement visités par les sangliers. 

Des enjeux d’ordre écologiques aussi

Des problèmes de cohabitation se posent également entre le sanglier et d’autres espèces sauvages. En piétinant les sols, les sangliers constituent une pression sur la petite faune qui niche au sol. 

Les actions pour contrôler les populations

Les solutions pour contrôler les populations de sangliers font intervenir un nombre important d’acteurs : propriétaires et gestionnaires des terrains, chasseurs, services de l’Etat, collectivités etc. Les équipes du Parc national des Calanques assurent un rôle de coordination entre ces acteurs, ainsi que des missions de veille.

On distingue deux types de mesures pour contrôler les populations : les mesures préventives et les mesures de régulation.

Les mesures préventives sont la responsabilité de tous les acteurs, y compris les particuliers. Elles visent à limiter le développement des populations et à éviter leur installation en ville. Quelques exemples :

  • Le maintien d’une pression de prélèvement forte des chasseurs dans les zones chassables du Parc national
  • L’aménagement approprié des zones d’interface ville / nature par les collectivités : équipement en poubelles résistantes aux charges des sangliers, limitation des zones de pelouses arrosées, mise en sécurité des sites à enjeux
  • L’adoption par tous les publics des bons gestes : ne pas nourrir l’animal, entretenir son jardin sans l’arroser, sécuriser ses poubelles
  • Réaliser les Obligations Légales de Débroussailler aux abords des constructions pour éviter le cantonnement des populations

Les mesures de régulation peuvent prendre la forme de battues administratives ou de tirs de régulation réalisés en toute sécurité sous la responsabilité technique d’auxiliaires de l’Etat nommés par le Préfet : les lieutenants de louveterie. Les tirs de régulation sont utiles pour intervenir sur des espaces plus restreints et urbanisés, notamment lorsqu’un risque concernant la sécurité des personnes est identifié.

Ces mesures de régulation sont organisées par l’établissement du Parc national des Calanques, en lien avec ses partenaires, lorsqu’elles concernent des espaces situés en cœur de Parc national. Les services de l’Etat sont compétents pour organiser celles se déroulant en dehors du cœur de Parc national.